L'Auvergnat de Paris
Anthony Delon a pris les rênes du Pacha

Le jeune restaurateur a racheté, en début d’année, l’établissement créé, il y a une douzaine d’années, par Jean-Philippe Ajalbert dans la préfecture du Cantal.


Anthony Delon a gagné Paris, depuis Aurillac, à 22 ans. Celui qui est passionné par l’univers du CHR depuis toujours avait souhaité se frotter au rythme effréné des brasseries parisiennes, considérant qu’il s’agissait là de la meilleure école. À peine arrivé, il se fait embaucher au Préaumur, place de la Bourse, une affaire pilotée par Amélie et Marleine Valette. Anthony y restera seulement une année à Paris. « J’ai ressenti le mal du pays. D’ailleurs, les patrons là-haut (à Paris, NDLR) redoutent qu’on retourne au pays voir la famille car ils ont toujours peur qu’on ne remonte pas », sourit-il. À son retour à Aurillac, l’homme pose ses valises durant cinq ans au Damier, l’établissement de Nicolas Fernandez. En début d’année, Anthony Delon, suffisamment armé et d’un tempérament entreprenant, décide finalement d’acheter les murs et le fonds du Pacha, célèbre affaire à Aurillac. « Il ne fallait pas brusquer les gens, brusquer ce qu’ils ont connu. La clientèle aurillacoise est très fidèle, donc il ne faut surtout pas les décontenancer. C’est pour ça que j’ai conservé l’esprit des lieux. J’ai simplement mis un coup de peinture », explique le patron du Pacha, âgé aujourd’hui de 28 ans. Fondé par l’Auvergnat Jean-Philippe Ajalbert, le Pacha s’est révélé être une affaire cousue main pour Anthony Delon. Surnommé « Jean-Phi » par tous les Cantaliens, Jean-Philippe Ajalbert a accompagné le jeune Aurillacois afin que la passation se fasse dans les meilleures conditions. « Anthony, je te le vends à toi car je sens que c’est toi », aurait glissé le créateur du Pacha au nouveau patron, confiant pour l’avenir de l’établissement qu’il a lancé en 2006. Anthony Delon n’imaginait pas s’installer à son compte à 28 ans. Avant l’ouverture, il se demandait encore s’il avait bel et bien la fibre du patron, mais l’envie de grandir et de s’émanciper a finalement eu raison de ses doutes. L’affaire était également très courtisée... Il faut dire que son côté atypique, sa vaste clientèle et son cachet en font un établissement unique en son genre dans le Cantal. Anthony, qui a un contact facile avec la clientèle, a le sens de l’accueil inscrit dans son ADN. Au Pacha, qui dispose de 25 places assises à l’intérieur et d’une terrasse d’une quarantaine de places, la clientèle peut déguster des planches de charcuterie et quelques tapas. Mais sa force, ce sont les vins et les spiritueux. On trouve des vins de toutes les couleurs, des champagnes et un grand nombre de whiskys (plus de 25 références). Pour l’été, Anthony Delon sert, par exemple, du rosé Puech-Haut, des côtes-de-provence, etc. On trouve également les vins volcaniques du négociant Pierre Desprat. Épaulé par sa compagne, Nelly Besse, le Cantalien connaît déjà un franc succès avec un ticket moyen compris entre 25 et 30euros. Il y a fort à parier qu’il ne s’arrêtera pas là mais, dans l’immédiat, il entend bâtir de solides bases avant, qui sait, de se tourner vers de nouvelles aventures entrepreneuriales.

Mickaël Rolland

Photo : Anthony Delon et Nelly Besse



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