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Amicalisme

ASSOCIATION DES LOZÉRIENS DE PARIS : Conférence sur Albert LEBRUN par René-François BERNARD.

En préambule à la réunion du conseil d’administration de l’Association des Lozériens de Paris, lundi 19 novembre 2018, à 19h30, dans les locaux du Crédit Agricole, rue la Boétie à Paris, se déroula une très intéressante conférence par René-François BERNARD, polytechnicien, Ingénieur du Corps National des Mines, ancien directeur de Polytechnique, adjoint à la mairie de VIIème arrondissement de Paris – très attaché à la Lozère à travers son épouse, Anne Bernard Gély originaire de Rieutort de Randon où ils disposent d’une résidence.
Le président de l’ALP, Jean-Pierre BONICEL exprima tous ses remerciements au conférencier ayant accepté de disserter autour de l’illustre cousin germain lorrain de son grand-père : Albert LEBRUN, président de la République, de 1932 à 1940. Oublié de l’Histoire, Albert LEBRUN a tenu les rênes de la France durant une période compliquée et douloureuse de l’Entre Deux Guerres et c’est à travers le prisme de son épouse, Marguerite LEBRUN qui a écrit ses mémoires depuis l’âge de 13 ans, retranscrites, grâce à son arrière petit- fils, préfet de Meurthe et Moselle, Eric FREYSSELINARD, dans un ouvrage intitulé : « Comment la 3ème République a sombré : journal de Marguerite Lebrun ( septembre 1939-juillet 1940) » , que René-François BERNARD a exprimé un point de vue captivant de cette période historique. « C’est un récit inédit et authentique, portant un regard averti, pris sur le vif ».
Dans son journal, Marguerite LEBRUN, surnommée « la first lady » après avoir baptisé le paquebot « Le Normandie », en 1932 « laisse transparaître sa personnalité, trace un chemin dynamique » et fait preuve d’une analyse affutée et lucide de la situation complexe de la France, en ces années critiques.
Albert LEBRUN, né dans un bourg lorrain rural devint polytechnicien et sort major de l’X et des Mines. Député de centre gauche de Longwy, il gravit les échelons du cursus politique : sénateur puis, ministre des territoires occupés.
L’épouse d’Albert LEBRUN dont l’éducation fut parisienne, bourgeoise et catholique, était également très déterminée. La publication de son journal retrouvé entre des lattes de parquet, par les éditions universitaires de Lorraine, aidera certainement à réconcilier Albert LEBRUN avec l’Histoire. Sous la plume de sa femme, le président apparaît comme gérant le pays avec engagement et loyauté. Ce n’est pas un président potiche, c’est le chef des armées lui, qui a fait Verdun. Sa femme est informée de toutes ses décisions. C’est son pilier et son soutien et elle est aussi très volontaire. Elle a une vision très critique sur la Grande Guerre et les attitudes de l’Angleterre et des Etats-Unis vis-à-vis de la France, aspirant à la paix et de l’Allemagne qui n’a finalement réglé que 10% des dommages de guerre. Son témoignage est très éclairant sur les prémices de la 2ème guerre mondiale. Elle dit aussi ses amitiés et ses inimitiés dans ce monde politique trouble où « les traitres côtoient les hypocrites », où les « ministresses », femmes de ministres, intriguent et où on voit passer REYNAUD et DALADIER. Elle relate des anecdotes à propos de la ligne Maginot : « on s’en fiche comme de l’an 40 », d’autres, mettant en scène Sacha GUITRY, venu gérer l’Elysée en manque d’hommes … son petit-fils : « Protégez pas Hitler »… ou son époux : « ma pauvre maman, tout est perdu ». « C’est un cri du cœur de l’impuissance française ». Suivant partout son mari, au gré des résidences du gouvernement, elle évoque le seul homme correct dans la cour des défaitistes : Charles de GAULLE ayant lancé son appel du 18 juin 1940. Après le coup d’état de Pétain, Albert LEBRUN est resté président de la République jusqu’en 1945 et c’est grâce à son épouse, Marguerite LEBRUN, à travers son journal, qu’il sort de l’oubli ou des caricatures, offrant une image de président sage et juste, œuvrant avec force et conviction pour la France, personnellement engagé pour que la France ne baisse pas les armes face à l’Allemagne, dans une 3ème République où le président du conseil avait plus de pouvoirs que le président de la République.
Ce bon éclairage sur ce temps d’Histoire confuse pour la France fut chaleureusement applaudi par l’auditoire et donna lieu à un débat aussi passionné que passionnant auquel prirent part Jacques PERGET et ses fines analyses politiques, Jean-Pierre BONICEL et Raymond TREBUCHON.
Un cadeau de remerciement au conférencier et un verre de l’amitié achevèrent dans la convivialité cette très utile conférence de René-François BERNARD, ayant révélé, avec brio, à ses amis, un pan d’Histoire de France quelque peu occulté et leur ayant permis de renouer avec un Président de la République méconnu.