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FORMATION : Les CFA appréhendent la réforme de l'apprentissage

À l'occasion du salon Equip Hotel, qui s'est déroulé la semaine passée Porte de Versailles à Paris, le Fafih a organisé les assises de l'apprentissage. Des directeurs de CFA, des élus, une juriste… À deux mois de la mise en place de la réforme de l'apprentissage, les principaux acteurs de la formation professionnelle en France s'interrogent toujours sur ce qui les attend dès janvier 2019.

Il va y avoir une année transitoire et ça va tanguer » , prévient la juriste Yolande Sellier. Invitée par le Fafih, l'organisme paritaire collecteur agréé (OPCA) de l'hôtellerie, de la restauration, des loisirs et des activités du tourisme, cette experte du droit de la formation est venue mettre en garde les professionnels de la formation quant à la réforme de l'apprentissage, imminente puisqu'elle sera mise en application dès le 1er janvier 2019. Pour les structures de formation, à l'instar des CFA, le challenge à relever est surtout celui de l'entrée en vigueur de la réforme de la taxe d'apprentissage, un an plus tard, au 1er janvier 2020. À partir de cette date, la compétence des régions en matière d'apprentissage et de financement des centres de formation professionnelle sera confiée à l'État, via un organisme institutionnel baptisé France Compétences. C'est cet organisme qui sera chargé d'octroyer une enveloppe de subventions à chaque région et cette dernière sera ensuite amenée à la répartir entre les différents organismes de formation de son territoire.

Inquiétudes

Pour les directeurs de CFA présents ce jour-là à Equip Hotel, l'inquiétude était palpable dans la mesure où le montant des subventions ne sera révélé qu'en janvier, de manière consécutive à l'adoption du budget 2019 de la loi de finance. Un point qui retient également l'attention de Yolande Sellier. « En 2019, l'État va demander une avance de trésorerie aux entreprises de formation. Les grandes pourront, mais les petites… Les CFA vont donc connaître une phase pénible d'adaptation avec un schéma de distribution des subventions complètement bouleversé » , explique-t-elle. Avec la loi sur la réforme de l'apprentissage intervient un chamboulement de l'écosystème de l'apprentissage : alors que les régions régulaient l'ouverture des CFA, n'importe quel organisme pourra ouvrir des centres de formation où il le souhaite. En parallèle, les CFA seront libres d’adapter leurs formations en fonction de la demande, sans autorisation administrative, et ainsi créer davantage de modules de formation continue par exemple. En quelque sorte, on assiste ici à une privatisation et une mise en concurrence de la formation professionnelle en France. En effet, les CFA seront financés au nombre de contrats : à chaque contrat d’apprentissage signé, une somme leur sera octroyée en fonction du diplôme visé.

Néanmoins, pour obtenir ces fameux financements, les centres de formation devront bénéficier d'une certification garante de la qualité des formations proposées (accompagnement des jeunes et projet pédagogique) émanant de France Compétences. Les différentes branches devront déterminer le « coût contrat » de chaque diplôme ou titre professionnel. Les spécialistes de la formation professionnelle y voient déjà l'émergence d'un clivage entre CFA des villes et CFA des campagnes, entre ceux qui auront beaucoup de moyens pour subsister et ceux qui survivront dans des zones géographiques où le nombre de jeune en formation est faible. « On s'éloigne de la notion de service public. La région perd ses compétences alors qu'il faut conserver des CFA de proximité, chose qui n'est pas garantie avec cette réforme et qui a trait à l'importance du maillage des territoires en termes de formation. Je pense notamment au CHR, un secteur fragilisé et qui peine à recruter : on se rend compte qu'avec cette réforme, les CFA de province pourraient eux aussi être en difficulté. Voilà qui ne va pas favoriser nos métiers », soupire Josette Vignat, vice-présidente de l'Umih 69.

Cette hôtelière, directrice générale du Mercure Lyon Grand Hôtel Château Perrache, a raison de s'alarmer. Une représentante de la région Auvergne-Rhône-Alpes, présente à ces assises, a révélé un accroissement plus que notable des demandes d'accréditations pour les formations professionnelles continues. Elle cite notamment l'institut Paul-Bocuse et laisse entendre qu'un certain nombre d'organismes ont déjà anticipé la réforme et mis en place des produits de formation continue dans le but le concurrencer les CFA tentés de développer ce type d'offres pédagogiques pour survivre sur leurs territoires respectifs.