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Terroir

ASSOCIATION : Mont Lait lance son beurre de montagne

Le lait de Mont Lait est issu de troupeaux élevés dans le Massif central, à plus de 600 mètres d’altitude.

Dans le Massif central, des centaines de producteurs de lait se sont unis pour faire naître Mont Lait, leur propre marque. Les agriculteurs maîtrisent ainsi la production et la commercialisation de millions de litres de lait et cherchent à innover. Après le fromage à raclette en 2018, cette année, le collectif lance son beurre de baratte au bon lait de montagne.

Dans le Massif central, certains agriculteurs agissent et se réunissent pour pouvoir vivre décemment de leur métier, mais aussi pour continuer à valoriser les qualités de l’agriculture de montagne. C’est le cas du collectif Mont Lait, une association née en décembre 2010. Une initiative longuement mûrie par quatre producteurs de lait installés en Aveyron, en Haute-Loire et dans le Puy-de-Dôme. « On se préoccupait de notre avenir et de l’avenir en général de la production laitière en montagne. On connaît tous les fromages d’Auvergne, mais cela ne concerne que 30 % de la production laitière sur le territoire », raconte Dominique Barreau, président de l’Association des producteurs de lait de montagne et lui-même producteur de lait en Aveyron. La crise de 2009 va les décider à passer à l’action, pour entreprendre une nouvelle façon de voir le lait. Pendant plusieurs années, l’association va œuvrer pour récolter des fonds afin de lancer sa propre marque. En tout, 250 000 euros auront permis de démarrer l’aventure Mont Lait et la première brique de lait sort dans les rayons de Leclerc, distributeur partenaire historique, en juin 2013. « L’intérêt, c’était de lancer un produit qui avait du sens, qui avait quelque chose à dire », insiste Dominique Barreau. Derrière les litres de lait se trouvent 480 fermes et plus de 800 producteurs, un chiffre qui n’a pas vraiment évolué aujourd’hui. « La seule chose qui a changé, c’est qu’aujourd’hui, on ne se contente plus de faire que du lait » . À chaque litre vendu, l’association perçoit 10 centimes, 7 reviennent au producteur et 3 à la laiterie pour compensation des coûts de la collecte : « Tout le monde a intérêt à ce que cela marche », précise le président.

L’association de producteurs de lait de montagne regroupe 480 fermes sur le massif.

L’association de producteurs de lait de montagne regroupe 480 fermes sur le massif.

Cibler Paris

Les exploitations qui participent à cette aventure sont situées au-dessus de 600 mètres d’altitude, avec au moins 80 % de surface en herbes, « car c’est de cela que doivent être nourries les vaches », prévient Dominique Barreau. Le lait commercialisé sous la marque a quasiment triplé entre 2015 et 2018. « Pour l’instant, tout le lait ne part pas dans notre démarche. C’est l’objectif à long terme » , assure-t-il. Autre objectif pour assurer un développement pérenne : développer les points de vente et cibler la clientèle parisienne. « Pour l’instant, nous n’existons pas à Paris, mais c’est un de nos objectifs très clairs. On peut tout à fait imaginer notre produit à Rungis, par exemple »

L’Aveyronnais Dominique Barreau, président de l’Association des producteurs de lait de montagne.

L’Aveyronnais Dominique Barreau, président de l’Association des producteurs de lait de montagne.

Depuis octobre 2018, la marque Mont Lait propose aussi du fromage à raclette, une évolution qui a été rendue possible grâce à la Société fromagère du Livradois, située près d’Ambert. « L’an prochain, nous espérons atteindre les 200 tonnes » et ainsi proposer une alternative aux consommateurs sur ce produit saisonnier largement trusté par les industriels.

Fin 2018, Mont Lait a lancé son propre fromage à raclette au lait de montagne du Massif central, en collaboration avec la Société fromagère du Livradois.

Fin 2018, Mont Lait a lancé son propre fromage à raclette au lait de montagne du Massif central, en collaboration avec la Société fromagère du Livradois.

Et les producteurs ne s’arrêtent pas là. Cette année, un nouveau produit sera fabriqué à l’aide du lait des exploitations de l’association. « Nous sommes partis de la problématique suivante : on ne trouve pas ou peu de beurre local, du beurre de montagne. Nous avons recherché une entreprise capable de fabriquer à façon notre beurre de montagne – qui est un beurre de baratte – avec le lait de quelques producteurs Mont Lait », raconte-t-il. Une société basée en Creuse a été sélectionnée et, pour éviter les voyages trop longs du lait, ce sont des producteurs situés dans les Combrailles qui permettent de faire naître le nouveau produit, qu’il soit doux ou demi-sel. L’objectif avec ce beurre ? « Atteindre les 100 à 200 tonnes la première année. On pense avoir un très bon produit », assure le président de l’association.

Le beurre de baratte au lait de montagne, nouveauté de Mont Lait.

Le beurre de baratte au lait de montagne, nouveauté de Mont Lait.

Un produit premium de montagne

Avec ce nouveau produit, Mont Lait entend bien tenter l’expérience à Paris. « C’est un produit qui se prête bien à cela. Notre beurre de baratte peut répondre à une certaine demande des restaurateurs, notamment dans le réseau aveyronnais et auvergnat », explique le président. « 100 % montagne, 100 % engagé », c’est ainsi que l’association définit l’esprit de la marque. Avec, à la clé, une implication significative pour le maintien de l’agriculture en zone de montagne. « Dans nos zones d’altitude, l’élevage demande plus de temps de travail et cela coûte 30 % plus cher qu’en plaine. Nous devons travailler notre valeur ajoutée et veiller à une bonne répartition. Nous avons tous les atouts pour répondre aux enjeux de développement durable. Ce n’est pas possible de ne pas y arriver », précise Dominique Barreau. Chez lui, pas de fatalisme, de l’ambition et la ferme intention d’aller de l’avant pour maintenir les exploitations en place. « Si nous, agriculteurs, ne sommes pas là, les surfaces partent en friches, les paysages se ferment. C’est aussi le maintien de vie rurale qui est en jeu », signale-t-il.

Les vaches de Mont Lait sont nourries à l’herbe.

Les vaches de Mont Lait sont nourries à l’herbe.

« Boire le lait de la région, cela semble quand même logique », interpelle le président de l’association. Mais ce dernier alerte sur cet enjeu de proximité : « Le piège dans nos zones de montagne, c’est que l’on compte moins d’habitants, donc moins de consommateurs. Donc on ne peut pas compter uniquement sur cela pour se développer » . Aussi, Mont Lait, déjà bien implanté dans les grandes et moyennes surfaces de la région Auvergne, commence à partir à la conquête des marchés voisins, en Occitanie, Rhône-Alpes et Provence-Alpes Côte-d’Azur, pour faire entendre la voix de la montagne et faire goûter à ses atouts laitiers, tout en surfant sur l’attente de consommateurs en matière de transparence et de qualité des produits.

Mont Lait commercialise du lait en briques et en bouteilles.

Mont Lait commercialise du lait en briques et en bouteilles.

Sur Internet : http://www.montlait.fr