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OLIVER DEVAL, KEVIN LIEURADE ET THOMAS MISSONNIER, L'IBU : Par amour de la bière

Olivier, Kevin et Thomas, trois trentenaires cantalous, ont lancé au mois d’août dernier le bar à bières artisanales IBU, pour Independent Brews United. Une façon de déclarer leur flamme aux « craft beers » et surtout de faire des émules en la matière. Les trois compères se sont en effet donné pour mission d’évangéliser les consommateurs de bières en les abreuvant des productions de petits brasseurs indépendants, auvergnats ou pas.
Olivier Deval et Kevin Lieurade

L’IBU ne passe pas inaperçu au sein de la cour des Petites-Écuries (Paris 10e). Sa devanture verte, sa décoration industrielle faite de métaux et de bois, et bien sûr ses dix becs de bières artisanales à la pression en font un endroit singulier dans le paysage du CHR du 10e arrondissement de Paris. Ce temple de la « craft » (comprenez, la bière artisanale) dispose même, au-dessus du comptoir, d’un panneau d’affichage évoquant ceux qui jalonnent les gares ou les aéroports. En grandes lettres noires sur fond blanc, on aperçoit les dix références qui égaient en ce moment les papilles des clients. Les trois associés ne s’arrêtent pas là : ils ont introduit, en guise de restauration, des planches de charcuteries et de fromages auvergnats à composer soi-même et au poids. Avec le développement fulgurant des microbrasseries en France (plus de 1500 aujourd’hui contre une cinquantaine il y a encore dix ans), les bars spécialisés dans la bière font florès, et notamment à Paris. 

Répandre la bonne parole

Pour ces trois trentenaires originaires de Brioude, qui n’ont jamais connu d’expérience dans le CHR, le but était de diffuser le plus largement possible la craft beer. Comme investis d’une mission, ils souhaitent faire découvrir au plus grand nombre les vertus de leurs brassins artisanaux. « Il est certain que nous n’aurions jamais ouvert un bar à rhum! Nous avons toujours aimé la bière et nous en avons d’ailleurs toujours consommé. Je n’y connaissais rien au début. Puis j’ai découvert les variétés de bières en entrant chez Carlsberg, après des études en école de commerce. En discutant avec les clients, j’ai également pu prendre le pouls du marché. Il nous a fallu du temps pour lancer ce projet, d’autant plus que nous étions en poste ailleurs. La révolution craft beers a apporté beaucoup de diversité. Mais, comme sur tous les marchés, les meilleurs vont prospérer tandis que certains disparaîtront », raconte Kévin Lieurade, en débouchant une bière auvergnate de la brasserie Grizzly. Tout comme Kevin, Olivier s’est très rapidement passionné pour la craft. Il se souvient qu’il y a déjà plusieurs années, on lui avait offert un cours de brassage. Le déclic a été immédiat. « Je me suis rendu compte que, depuis de longues années, je ne consommais que des bières industrielles au goût trop sucré, sans aucune subtilité », lâche-t-il. Les trois amis d’enfance ont, au fil des années, choisi leurs lieux de sorties en fonction des bières proposées. « Nous sommes devenus très stricts dans nos choix », sourit Kévin. Ils ont finalement décidé d’allier leur passion à  la vie professionnelle. Olivier a quitté son poste de directeur marketing et Kevin ne s’occupe plus de la Guinness, sur le marché français de hors-domicile, pour le compte de Carlsberg. Thomas, quant à lui, est toujours salarié, mais devrait rejoindre l’IBU à plein-temps dans les mois qui viennent. Mettant à profit leurs compétences et expériences respectives, ils ont très vite établi un business plan, puis se sont mis en quête d’un local après avoir obtenu le soutien du Crédit agricole Centre France. Ils sont aujourd’hui propriétaires du fonds de commerce de ce qui était encore il y a un an un bar de nuit dédié au hip-hop. L’originalité du montage financier réside dans le fait que 19000 euros ont été mis
sur la table grâce à une campagne de crowdfunding. « Nous espérions obtenir 15000 euros... Mais là, c’était au-delà de nos espérances! Tous les gens qui nous ont soutenus sont ainsi devenus des prescripteurs dans la mesure où ils croient dur comme fer à l’IBU. C’est également rassurant pour les banques. À noter que nous avons également obtenu un prêt d’honneur de la Ville de Paris », expliquent Kevin et Olivier. 

Bières et fromages


L’IBU est équipé de dix becs pour dix bières artisanales différentes. Les tireuses ne sont pas disposées sur le bar, avec un pont apparent, mais sont dissimulées derrière un carrelage mural, au-dessous du panneau d’affichage des consommations. Seuls les becs sont visibles. Les trois associés  s’imposent par ailleurs des rotations quasi permanentes. Pour chaque référence de bière, ils ne commandent que trois fûts de 30 litres. « Nous aimons faire de la pédagogie autour de nos produits, c’est pour cela que nous avons dissimulé les tireuses. Cela facilite les échanges avec la clientèle. Le fait de se contenter de trois fûts par référence nous permet d’apporter sans cesse des nouveautés à nos clients », se félicite Kevin. Concernant la restauration, les trois gérants ont opté pour des planches à composer soi-même. La portion de 250 grammes de Saint-Nectaire fermier AOP (maison Souchal) est facturée 11,50 euros, celle de 100 grammes de bleu d’Auvergne, 3,50 euros. Côté salaisons, la maison Philis est mise à l’honneur avec ses saucissons au saint-nectaire ou au bleu (8,50 euros l’unité). « Les clients composent leurs planches selon leurs goûts. On ne fait pas un coefficient extraordinaire là-dessus, c’est pour cela que nous misons davantage sur les volumes », confie Olivier. Le ticket moyen atteint ainsi 12 euros et l’IBU accueille en moyenne 120 clients chaque jour. Une belle performance pour un bar âgé d’à peine six mois. Les trois trentenaires ambitionnent déjà de dupliquer le concept, conscients que les bars à bières artisanales ont de beaux jours devant eux. Néanmoins, ils assurent qu’il ne faut surtout pas sacrifier la qualité et l’accueil, deux composantes essentielles pour la réussite de ces concepts. « Nous allons d’abord pérenniser cette affaire avant d’ouvrir quoi que ce soit d’autre. Une chose est sûre, le dénominateur commun restera la  bière », sourit Kevin.

L’IBU : 20, cour des Petites-Écuries 75010 Paris